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Rima Hassan

De ProleWiki

Rima Hassan est une femme politique française d'origine palestinienne, née en 1995. Réfugiée palestinienne née dans un camp en Syrie, elle est élue

Rima Hassan

رِيمَا حَسّان
NaissanceCamp de Neirab (Syrie)
NationalitéApatride (1992-2010)
Française (depuis 2010)
Parti politiqueLa France Insoumise (depuis 2023)


députée européenne en 2024 sous les couleurs de La France insoumise (LFI) au sein du groupe The Left au Parlement européen. Elle se définit comme communiste et mène un engagement anticoloniale, elle défends les droits des réfugiés et lutte des classes.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Origines et enfance dans la diaspora palestinienne[modifier | modifier le wikicode]

Rima Hassan naît dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, où elle vit les dix premières années de sa vie. Sa famille est issue de la Nakba, ayant été dépossédée de ses terres par la création de l'entité sioniste. Son grand-père maternel, communiste et militant de la cause palestinienne lui transmet un héritage politique marxiste qui structure son regard sur le monde.

Sa mère est arrivée en France dans les années 1995-1996 après son divorce, elle travaille dans des emplois précaires (restauration, ménage, cours d'arabe) avant d'ouvrir un restaurant, élevant seule ses six enfants dans des conditions de grande précarité matérielle.

Formation et conscience politique[modifier | modifier le wikicode]

Élevée dans des zones d'éducation prioritaire (ZEP) et en HLM, elle développe une conscience de classe forte liée à la condition de sa mère célibataire gagnant environ 1 500 euros (6 000 francs à l'époque) pour six enfants. Elle critique vivement la « méritocratie » qui présente les parcours de réussite comme purement individuels, soulignant que son accès au master de droit international relève de l'« exception aléatoire » plutôt que d'un travail supérieur. Rima Hassan est de confession musulmane.

Parcours militant et professionnel[modifier | modifier le wikicode]

Avant son engagement électoral, Rima Hassan construit son parcours dans le secteur associatif et institutionnel de défense des droits humains. Elle travaille pour l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Elle siège au conseil d'administration de Médecins Sans Frontières et fonde l'Observatoire des camps de réfugiés qui est une structure chargée de documenter et recenser les camps de réfugiés à travers le monde. Elle envisage initialement de rejoindre Amnesty International pour un poste de plaidoyer sur les questions de migration, mais renonce à cette perspective professionnelle pour se lancer en politique, conscient que son engagement public lui fermerait les portes du milieu associatif « neutre »

Engagement politique[modifier | modifier le wikicode]

Élection au Parlement européen[modifier | modifier le wikicode]

En 2024, Rima Hassan est élue députée européenne sur la liste de La France insoumise (7e position), après avoir refusé une proposition non éligible d'Europe Écologie Les Verts. Elle explique ce choix par la nécessité d'avoir une « place qui permette de porter réellement et concrètement ce combat » pour la cause palestinienne, avec la radicalité et la franchise que requiert selon elle la période actuelle. Au Parlement européen, elle siège à la commission des Affaires étrangères et est coordinatrice de son groupe (The Left) à la sous-commission des droits humains. Elle est également membre de la délégation UE-Palestine et de la délégation UE-Afrique.

Activité parlementaire et obstacles institutionnels[modifier | modifier le wikicode]

Son travail législatif se heurte à la réalité d'un Parlement européen dominé par la droite et l'extrême droite. Elle dénonce l'incapacité de l'UE à faire respecter le droit international concernant Israël, contrastant les 19 paquets de sanctions contre la Russie avec l'absence totale de sanctions contre l'État d'Israël malgré le génocide en cours à Gaza.

Elle critique l'hypocrisie de l'Union, premier partenaire commercial d'Israël (42 milliards d'échanges annuels), qui « promeut » l'État hébreu tout en perdant toute crédibilité aux yeux des peuples du Sud (Colombie, Sénégal, etc.). Elle tente de mettre à l'agenda parlementaire la question palestinienne via les résolutions sur les droits humains (trois par mois), mais rencontre une résistance systématique de la part des groupes de droite et des lobbies pro-israéliens présents au Parlement.

Positions politiques et idéologiques[modifier | modifier le wikicode]

Communisme et anticolonialisme[modifier | modifier le wikicode]

Rima Hassan assume pleinement une identité communiste, héritée de sa famille et de l'histoire de la lutte palestinienne longtemps portée par des organisations marxistes-révolutionnaires avant les mutations des années 1980 et la chute de l'URSS.

Elle critique le capitalisme comme système global d'oppression lié à l'impérialisme et au colonialisme. Elle défend une vision « de rupture » de la gauche, opposée aux « compromissions » et à la logique de concurrence entre États. Elle appelle à une « transition réellement post-coloniale » de l'Union européenne, l'exhortant à « travailler d'égal à égal avec le reste du monde » et à cesser d'instrumentaliser les droits humains à des fins néocoloniales.

Défense de la cause palestinienne[modifier | modifier le wikicode]

Sa position sur la Palestine est radicale : elle refuse de condamner la résistance armée, défend le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, et critique les accords d'Oslo comme une « compromission grave » ayant servi à enterrer la question palestinienne. Elle soutient des figures comme Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais emprisonné en France malgré les attaques médiatiques et politiques que cela suscite. Elle insiste sur le caractère « européen » de la question palestinienne, arguant que l'UE est complice du génocide par son alliance économique et politique avec Israël.

Antiracisme et lutte des classes[modifier | modifier le wikicode]

Rima Hassan œuvre contre l'islamophobie qui touche près d'un musulman sur deux en Europe selon une étude parlementaire. Elle refuse l'essentialisation de son identité religieuse tout en assumant sa visibilité comme femme musulmane pour dénoncer les discriminations systémiques.Elle critique les « politiques islamophobes » post-11 septembre et la banalisation des discours racistes à l'extrême droite comme au centre du pouvoir.

Critique du droit international[modifier | modifier le wikicode]

Spécialiste de droit international, elle défend cet outil comme « la moins pire des voies » pour le multilatéralisme tout en en dénonçant les limites : héritage colonial, mécanisme du veto au Conseil de sécurité (utilisé par les États-Unis pour protéger Israël) et instrumentalisation par les puissances impérialistes (Libye, Irak, Venezuela).

Controverses et répression politique[modifier | modifier le wikicode]

Depuis son engagement politique Rima Hassan fait l'objet d'attaques constantes de la part de l'extrême droite et des lobbies pro-israéliens. Elle dénonce des « tentatives de censure », des pressions professionnelles et sociales visant à « briser » les défenseurs de la cause palestinienne.